ROBERT, L'incendie de Rome

Hubert ROBERT (1733-1808), L'incendie de Rome, vers 1771, huile sur toile, 75,5 x 93 cm. © MuMa Le Havre / Florian Kleinefenn
Hubert ROBERT (1733-1808)
L'incendie de Rome
vers 1771
huile sur toile
75,5 x 93 cm
© MuMa Le Havre / Florian Kleinefenn
Image haute définition
Commentaire audioguide
Quand Hubert Robert (1733-1808) se présente au Salon de Paris en 1767, il déclenche l'enthousiasme du public et le dithyrambe de Diderot. Son oeuvre conjugue, il est vrai, une synthèse des choix esthétiques du peintre et une réponse aux inclinations de l'époque pour le « sublime ».

Le destin d'Hubert Robert se joue à Rome, où il séjourne de 1754 à 1765. Sa rencontre avec Pannini et surtout Piranèse y est déterminante. Elle fait de lui non plus seulement un peintre paysagiste, mais aussi un peintre d'architectures, surnommé « Robert des ruines ».

Pour l'artiste, le choix du thème historique de l'incendie de Rome, en 64 après J.-C., est l'occasion de laisser s'épanouir son goût pour la représentation de l'architecture tout en sacrifiant à celui de son temps pour le sublime, source d'émotions nouvelles.

Construit autour d'un effet de contrejour qui unifie la composition, L'incendie de Rome, plus qu'un événement historique, met en scène la confrontation de deux puissances qui dépassent l'humain, comme le marque la différence d'échelle, celle de l'histoire et celle de l'élément naturel qui, tout en détruisant Rome, la magnifie. Hubert Robert déploie dans cette toile le vocabulaire constitué de façades de temples et d'arches qu'il affectionne. Il en fait le cadre immense de l'agitation humaine face à l'événement historique. Le choix consistant à ne représenter que des personnages féminins en fuite devant le feu ajoute à l'intensité dramatique de la scène et suscite l'émotion chez le spectateur. La superposition au centre de la toile de la statue à l'antique et de la femme qui descend l'escalier en tenant son enfant par la main traduit symboliquement la coexistence des deux ordres, le monde ancien et le monde moderne – le monde divin et le monde terrestre.

Remarquable par l'étude détaillée de la propagation de la lumière, que l'on perçoit dans les multiples éclats colorés qui soulignent le dessin de la pierre et le décor sculpté des monuments, cette œuvre témoigne d'une profonde sensibilité à la couleur, annonciatrice des grandes mutations que connaîtra la peinture au XIXe siècle.
En savoir +

Œuvres commentées : XVe - XVIIIe siècles (6)

Simon VOUET (1590-1649), La mise au tombeau, ca. 1636-1638, huile sur toile, 149,8 x 151,4 cm. © MuMa Le Havre / Florian Kleinefenn
Hendrick ter BRUGGHEN (1588-1629), Vocation de Saint Matthieu, ca. 1620, huile sur toile, 153,5 x 195 cm. © MuMa Le Havre / Charles Maslard
Hubert ROBERT (1733-1808), L'incendie de Rome, vers 1771, huile sur toile, 75,5 x 93 cm. © MuMa Le Havre / Florian Kleinefenn
Ludolf  BACKHUYSEN I (1630-1708), Marine et barques de pêche, huile sur toile, 84,5 x 97,3 cm. © MuMa Le Havre / Florian Kleinefenn
Jusepe de RIBERA (1591-1652), Saint Sébastien, huile sur toile, 226 x 173,5 cm. © MuMa Le Havre / Florian Kleinefenn
Anonyme, Descente de Croix, ca. 1450-1500, huile sur bois, 71 x 59 cm. Don Augustin-Normand, 2007. © MuMa Le Havre / Charles Maslard