ADAM, Le Signal

Henri Georges ADAM (1904-1967), Le Signal, 1961, béton et aluminium. © MuMa Le Havre / Florian Kleinefenn
Henri Georges ADAM (1904-1967)
Le Signal
1961
béton et aluminium
© MuMa Le Havre / Florian Kleinefenn
Henri-Georges Adam (1904-1967), considéré de son vivant comme l'un des plus grands sculpteurs et graveurs français de son temps, est l'auteur de l'emblématique Signal, sculpture monumentale de 22 mètres d'envergure et d'un poids de 220 tonnes, commandée par l'État en 1956 pour la terrasse du musée-maison de la culture du Havre.

En dialogue étroit avec les architectes du musée, Adam a pensé son œuvre en fonction de l'emplacement précis auquel elle était destinée :
« L'étude d'une maquette pour le musée du Havre se posait pour moi dans les conditions suivantes : trouver une forme plastique architecturale de dimension suffisante pour lier l'architecture du musée aux éléments maritimes du lieu. [...] Un ciment blanc poli, dont la couleur et la valeur s'incorporeraient intégralement à la lumière particulière de cette contrée, offre pour moi la meilleure possibilité de réalisation. »

Dans la même perspective visant à intégrer une œuvre plastique dans l'architecture, Adam avait également conçu une tapisserie de plus de 7 mètres sur 5, Le Ciel et la mer (dépôt du Mobilier National), destinée au grand mur de la salle d'exposition inférieure du musée (aujourd'hui bibliothèque).

La perception que l'on a du Signal change radicalement selon le point de vue adopté. C'est tout à la fois un œil – nom sous lequel la sculpture est souvent désignée localement – et un coquillage. Le Signal se présente comme une forme aux multiples plans droits, aux arêtes vives, à laquelle les obliques donnent une présence mouvante malgré sa monumentalité. Adam a travaillé à partir de dessins, puis de maquettes en métal, en plâtre et en bois, dont une partie est conservée au MuMa. Après des études d'ingénieur pour déterminer les mesures d'un socle capable d'assurer la stabilité d'une œuvre présentant un porte-à-faux aussi audacieux, ainsi que des tests de résistance au vent effectués en soufflerie, le chantier accompagne celui de la construction du musée entre 1959 et 1960, et l’artiste grave sa signature en 1961. La sculpture, partie intégrante du bâtiment, a été inaugurée par André Malraux, premier ministre de la Culture, le 24 juin 1961.

Entre octobre 2011 et mai 2012, un important chantier de restauration a été engagé pour assurer la pérennité de la sculpture et lui rendre son aspect originel.

Œuvres commentées : Sculpture (8)

Charles-Henri-Joseph CORDIER (1827-1905), Le Nubien, 1848, bronze, h. : 85 cm. © MuMa Le Havre / Charles Maslard
Henri Georges ADAM (1904-1967), Le Signal, 1961, béton et aluminium. © MuMa Le Havre / Florian Kleinefenn
Émile-Antoine BOURDELLE (1861-1929), Héraclès archer, 1909, plâtre, 232 x 245 x 123 cm. © MuMa Le Havre / Charles Maslard
Albert BARTHOLOMÉ (1848-1928), Première maquette pour le Monument aux morts du père Lachaise, 1892-1893, plâtre, 85,5 x 98,5 x 84 cm. © MuMa Le Havre / Charles Maslard
Émile-Antoine BOURDELLE (1861-1929), Drame intime, 1899, bronze, 62 x 35 x 30 cm. © MuMa Le Havre / Charles Maslard
Auguste RODIN (1840-1917), Buste de Dalou, 1883, plâtre stéariné, 52 x 43 x 24 cm. © MuMa Le Havre / Charles Maslard
Auguste RODIN (1840-1917), L’Âge d’airain (Grand modèle), 1877, plâtre patiné au vernis gomme laque, 180 x 68,5 x 54,5 cm. © MuMa Le Havre / Charles Maslard
Auguste RODIN (1840-1917), Saint Jean-Baptiste (Grand modèle), 1880, plâtre patiné au vernis gomme laque, 203 x 71,7 x 119,5 cm. © MuMa Le Havre / Charles Maslard