PISSARRO, Soleil levant à Éragny

Camille PISSARRO (1831-1903), Soleil levant à Éragny, 1894, huile sur toile, 38,3 x 46 cm. © MuMa Le Havre / Florian Kleinefenn
Camille PISSARRO (1831-1903)
Soleil levant à Éragny
1894
huile sur toile
38,3 x 46 cm
© MuMa Le Havre / Florian Kleinefenn
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L’installation de Pissarro à Éragny marque une rupture dans son oeuvre par son adhésion aux théories néo-impressionnistes. Ses toiles deviennent de  véritables odes aux travaux des champs et à la condition paysanne ; la figure humaine monumentale occupe le premier plan. Il compose ses œuvres en atelier après de nombreuses études préparatoires pour aboutir à des paysages rigoureusement structurés, au fort statisme et à la luminosité intense. Le néo-impressionnisme de Pissarro va introduire paradoxalement le transitoire, un moment de la journée ; la campagne apparaît enveloppée de brume, noyée de soleil, ou couverte d’un blanc manteau de neige.
   
La période néo-impressionniste ne durera que quatre années, de 1884 à 1888. La division de la touche va perdurer les années suivantes, mais non plus de façon systématique. Quand il peint Soleil levant à Éragny, l’influence du néo-impressionnisme apparaît clairement à travers la touche vibrante et lumineuse. L’instant de la journée est bien défini dans le titre de l’œuvre. La lumière rasante du soleil qui se lève sur la campagne construit la toile en zones verdoyantes alternant avec des zones sombres en fort contre-jour. Les rayons lumineux du soleil s’insinuent à travers peupliers et arbres fruitiers, créant un effet de perspective extrêmement recherché.

Les deux figures se fondent dans les ombres des pommiers de la prairie et ne se distinguent que petit à petit, une fois notre œil  accoutumé à la lumière. Pissarro peindra jusqu’à la fin de sa vie en ce lieu s’attachant à chaque recoin de son pré, les grands hêtres qui le bordent, les pommiers dans le verger adjacent à la maison, la plaine et les toits de Bazincourt. Nous sommes dans le pré qui borde la maison de Pissarro à Éragny, les silhouettes féminines se distinguent à peine dans les ramures de la végétation. La touche est grasse et onctueuse. Le motif demeure.

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