COTTET, Venise

Charles COTTET (1863-1925), Venise, ca.1895-1896, huile sur toile, 73,2 x 92,5 cm. © MuMa Le Havre / Florian Kleinefenn
Charles COTTET (1863-1925)
Venise
ca.1895-1896
huile sur toile
73,2 x 92,5 cm
© MuMa Le Havre / Florian Kleinefenn
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En 1896, Charles Cottet expose au Salon de l’Art nouveau la série de toiles qu’il a rapportée de Venise où il s’est rendu deux ans plus tôt. Thadée Natanson, chantre des nabis, consacre un article dans La Revue Blanche à ses vues de la lagune vénitienne : « Ce n’est d’ailleurs pas Venise que son art décrit, ni sur Venise qu’il a pris des notes : pas la légendaire cité flottante, ni les canaux qui miroitent, ni la splendeur des palais que le soleil ardent recrée, ni les gondoles ni les pilotis bariolés. Ce qui l’a occupé […], c’est la mer, la mer avec ses brumes, la mer et ses couleurs ardentes ou glacées de lumière, la mer dont Venise émane, mais surtout la mer avec ses nuages dont s’enroulent les oriflammes de toutes couleurs, les flots opalisés cendrés de jade ; les flots sombres, les flots sanglants, les ilôts éclatants, la gloire des flots […] les flots aux reflets de métaux en fusion […] »

Charles Cottet a effectivement évité tout poncif, toute couleur locale de pacotille pour restituer des vues de Venise d’une grande originalité. En témoigne ce tableau, constitué d'une bande maritime et d’une bande de ciel qui se rejoignent sur une ligne d’horizon presque impalpable sur laquelle l’artiste a déposé les silhouettes fantomatiques de la ville. Il est bien vrai que dans cette toile, le peintre se livre à un surprenant travail sur la matière. La texture de sa peinture est d’une telle fluidité qu’elle évoque sur tous les contours des bâtiments la technique du lavis. Des noirs feutrés, des gris à peine ombrés définissent délicatement les masses qui se colorent insensiblement de la pâle lumière du couchant. Le reflet des églises et des palais dans l’eau n’est qu’un miroitement informe, mais d’une transparence qui fait songer aux glacis. Le fond de la toile a été uniformément brossé d’une sous couche-grise, que l’artiste laisse apparaître en réserve dans son ciel et à l’intérieur des silhouettes des édifices. La partie centrale, le meilleur de cette œuvre, offre une maîtrise d’exécution d’une rare finesse.

Œuvres commentées : Après l’impressionnisme (16)

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