COTTET, Montagne

Charles COTTET (1863-1925), Montagne, ca. 1900-1910, huile sur carton, 53 x 74 cm. © MuMa Le Havre / Florian Kleinefenn
Charles COTTET (1863-1925)
Montagne
ca. 1900-1910
huile sur carton
53 x 74 cm
© MuMa Le Havre / Florian Kleinefenn
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Entre 1900 et 1910, années durant lesquelles il connaît une renommée internationale, Charles Cottet séjourne régulièrement en Savoie. À proximité des rives du lac Léman, aux alentours du village de Féternes, il peint les sommets environnants du Jura et des Alpes sous des ciels souvent fortement contrastés. Ces œuvres sont réalisées d’une manière très spontanée. Dans Montagne, qui pourrait représenter les Hermones, au-dessus de Thonon-les-Bains, Cottet officie presque instinctivement, laissant libre cours à son geste qui étale à la brosse une matière très fluide.

Ainsi est construite la Montagne de la collection Senn, hâtivement. La spontanéité et la vitesse d’exécution contribuent à renforcer le surgissement de la montagne au sommet de laquelle s’accrochent d’onctueuses brumes qui laissent percer la lumière. Leur fluidité et leur mobilité sont rendues d’une façon très moderne : l’artiste en réservant certaines parties de son support de carton parvient à  créer des trouées plus sombres qui donnent au ciel sa profondeur. Le même procédé, utilisé sur les flancs de la montagne, lui permet de varier ses tons de noirs et de modeler cette immense masse. Cette technique très moderne, parfaitement maîtrisée par Cottet, qui prolonge les libertés de touche des impressionnistes et annonce la facture des Fauves, a peut être été influencée par la peinture à l’essence que pratique Toulouse-Lautrec. Elle lui sert à décrire le plateau depuis lequel il peint Le lac Léman et le Jura vus de Féternes (Orléans, Musée des Beaux-Arts) ou bien Brouillard en Savoie (Tokyo, Musée National d’Art Occidental, collection Matsukata).

Cette dernière œuvre entretient d’étroits rapports avec celle de la collection Senn. L’artiste y oppose en effet la masse sombre et dramatique d’une montagne dont les flancs sont léchés par de mouvantes écharpes de brume. La réussite de tels contrastes, qui prolongent en ce début de siècle une certaine idée du paysage romantique, mérite les éloges répétés de son protecteur Bénédite, alors conservateur du musée du Luxembourg : « Ainsi l’a-t-on vu […] [se renouveler] dans le cher pays savoyard dont il a rendu les neiges, les brumes, les nuées, les orages, toute cette vie et ce drame des éléments dans la montagne, avec une vision unique. »

Œuvres commentées : Après l’impressionnisme (16)

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Paul SÉRUSIER (1864-1927), Le Berger Corydon, 1913, huile sur toile, 73 x 99 cm. © MuMa Le Havre / David Fogel
Jules Léon FLANDRIN (1871-1947), La Pavlova et Nijinsky, 1909, huile sur carton, 52 x 67,3 cm. © MuMa Le Havre / Florian Kleinefenn — © ADAGP, Paris, 2015
Charles COTTET (1863-1925), Venise, ca.1895-1896, huile sur toile, 73,2 x 92,5 cm. © MuMa Le Havre / Florian Kleinefenn
Charles COTTET (1863-1925), Montagne, ca. 1900-1910, huile sur carton, 53 x 74 cm. © MuMa Le Havre / Florian Kleinefenn
Félix VALLOTTON (1865-1925), Le Haut-de-forme, intérieur ou La Visite, 1887, huile sur toile, 32,7 x 24,8 cm. © MuMa Le Havre / David Fogel
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Paul SÉRUSIER (1864-1927), La Colline aux peupliers, 1907, huile sur toile, 73,3 x 54,4 cm. © MuMa Le Havre / David Fogel
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