FLANDRIN, La Pavlova et Nijinsky

Jules Léon FLANDRIN (1871-1947), La Pavlova et Nijinsky, 1909, huile sur carton, 52 x 67,3 cm. © MuMa Le Havre / Florian Kleinefenn — © ADAGP, Paris, 2015
Jules Léon FLANDRIN (1871-1947)
La Pavlova et Nijinsky
1909
huile sur carton
52 x 67,3 cm
© MuMa Le Havre / Florian Kleinefenn — © ADAGP, Paris, 2015
Issu d’une vieille famille grenobloise, Jules Flandrin quitte rapidement l’école pour venir s’installer en 1893 à Paris. Élève de l’atelier de Gustave Moreau dès 1895, il va faire la connaissance de Marquet, Matisse et Rouault auprès desquels il exposera au Salon d’Automne de 1905 qui révéla la fameuse « cage aux fauves ». Auditeur assidu de concerts et de représentations théâtrales, Jules Flandrin découvre la danse à la Première d’Armide en 1909 au théâtre du Châtelet. La Pavlova et Nijinsky fut peint à la suite de la représentation des Sylphides, au programme de la saison des ballets russes le 2 juin 1909. La troupe du chorégraphe Serge Diaguilev fit sensation dans le tout Paris mondain qui tomba sous le charme du jeune prodige russe Vaslav Nijinsky. Ce dernier est accompagné de la danseuse étoile Anna Pavlova et du corps de ballet à peine esquissé au second plan.

Dans cette composition magistrale, le couple célèbre apparaît en pleine lumière au premier plan. Nijinsky, « tel un papillon noir et blanc près des Sylphides », les cheveux longs et libres, semble prendre son envol dans une grâce toute féminine. Il fut le premier danseur à évoluer sur les pointes, exercice autrefois réservé à la ballerine.
Flandrin, dans une lettre à sa mère datée du 9 juin 1909, fait part de ses impressions : « L’entrain et la belle santé de ces danses sont vraiment admirables et vont des danses sibériennes, hongroises, napolitaines, jusqu’à d’admirables danses de Sylphides, toutes blanches dans le costume de la Taglioni, au clair de lune... ». Le ballet Les Sylphides ne fut qu’un spectacle de danse pure, sans intrigue, ni sujet, les danseurs évoluant comme dans un songe sur les accords mélodieux et romantiques de la musique de Frédéric Chopin.

Lors de ces soirées des ballets russes, Flandrin croque sur le vif les danseurs. Il simplifie les masses, suggère, plus qu’il ne précise contours et figures. Une matière picturale grumeleuse et épaisse, apposée en larges touches, simplifie les volumes pour ne donner que l’essentiel. Une lumière spectrale fait ressortir les corps esquissés, suspendus, indiqués seulement par quelques traits de pinceaux. Le bleu unifie les différents plans. Un bleu marial, cher à Flandrin, enveloppe le couple étoile d’une aura toute spirituelle.

Œuvres commentées : Après l’impressionnisme (16)

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Jules Léon FLANDRIN (1871-1947), La Pavlova et Nijinsky, 1909, huile sur carton, 52 x 67,3 cm. © MuMa Le Havre / Florian Kleinefenn — © ADAGP, Paris, 2015
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