VUILLARD, Enfants lisant

Édouard VUILLARD (1868-1940), Enfants lisant, 1906, huile sur carton, 14,5 x 26 cm. © MuMa Le Havre / Florian Kleinefenn
Édouard VUILLARD (1868-1940)
Enfants lisant
1906
huile sur carton
14,5 x 26 cm
© MuMa Le Havre / Florian Kleinefenn
Image haute définition
Commentaire audioguide
Édouard Vuillard (1868-1940), surnommé par ses amis « le taciturne », rejoint très tôt le groupe des nabis, en compagnie de Maurice Denis, Bonnard, Sérusier ou Vallotton. Conformément aux préceptes de Gauguin, les nabis entendent réformer la peinture en attribuant aux couleurs pures, aux aplats et aux lignes sinueuses un rôle primordial dans la construction de l'espace pictural.
Sous l'influence de Degas et de l'art japonais, Vuillard s'oriente vers la peinture décorative, mais aussi vers un art intimiste qui puise à la source de la vie quotidienne.

Dès sa naissance en 1898, l'apparition de la petite Annette Roussel marque un tournant essentiel dans l'existence et dans l'art de Vuillard. Annette et son frère Jacques, nièce et neveu de l'artiste, sont les enfants de Marie, sa sœur, et de Ker-Xavier Roussel, l'artiste nabi. Ils deviennent des sujets de prédilection pour le peintre, qui les photographie également avec son appareil Kodak, acquis dès 1897.

Enfants lisant provient d'un carton d'étude plus grand datant de 1909, qui rassemblait initialement neuf esquisses, dont le portrait de la mère de l'artiste. Découpée par la suite, cette esquisse fut vendue séparément et acquise par le collectionneur havrais Olivier Senn en 1931.

Tendre et attentif, le regard quasi paternel de l'artiste restitue l'intimité d'une scène familiale. Annette est éclairée par la lumière venue de la fenêtre de droite, tandis que Jacques, qui se détourne, le visage à peine suggéré appuyé sur sa main, est absorbé par sa lecture. Annette surgit en pleine lumière, dans l'écrin des couleurs, pourpre, vert et bleu violet. La surface du carton réapparaît, l'air circule et le clair-obscur, les vibrantes touches de lumière sur les mains, les visages, les pages du livre et le col blanc de Jacques transmettent ce sentiment de permanence qui s'attache volontiers au souvenir.

Œuvres commentées : Après l’impressionnisme (16)

Félix VALLOTTON (1865-1925), La Valse, 1893, huile sur toile, 61 x 50 cm. © MuMa Le Havre / David Fogel
Henri Edmond CROSS (1856-1910), Plage de la Vignasse, les Îles d'Or, 1891-1892, huile sur toile, 65,5 x 92,2 cm. © MuMa Le Havre / David Fogel
Édouard VUILLARD (1868-1940), Enfants lisant, 1906, huile sur carton, 14,5 x 26 cm. © MuMa Le Havre / Florian Kleinefenn
Pierre BONNARD (1867-1947), Intérieur au balcon, 1919, huile sur toile, 52 x 77 cm. © MuMa Le Havre / David Fogel — © ADAGP, Paris, 2013
Paul SÉRUSIER (1864-1927), Le Berger Corydon, 1913, huile sur toile, 73 x 99 cm. © MuMa Le Havre / David Fogel
Jules Léon FLANDRIN (1871-1947), La Pavlova et Nijinsky, 1909, huile sur carton, 52 x 67,3 cm. © MuMa Le Havre / Florian Kleinefenn — © ADAGP, Paris, 2015
Charles COTTET (1863-1925), Venise, ca.1895-1896, huile sur toile, 73,2 x 92,5 cm. © MuMa Le Havre / Florian Kleinefenn
Charles COTTET (1863-1925), Montagne, ca. 1900-1910, huile sur carton, 53 x 74 cm. © MuMa Le Havre / Florian Kleinefenn
Félix VALLOTTON (1865-1925), Le Haut-de-forme, intérieur ou La Visite, 1887, huile sur toile, 32,7 x 24,8 cm. © MuMa Le Havre / David Fogel
Félix VALLOTTON (1865-1925), Pont à la romaine à Cagnes, 1923, huile sur toile, 73,5 x 60 cm. © MuMa Le Havre / Florian Kleinefenn
Charles COTTET (1863-1925), Village soudanais (Assouan 1895), 1895, huile sur papier marouflé sur panneau, 32,3 x 41,5 cm. © MuMa Le Havre / Florian Kleinefenn
Pierre LAPRADE (1875-1931), Bouquet de fleurs des champs, huile sur toile, 61,5 x 38 cm. © MuMa Le Havre / Florian Kleinefenn
Pierre LAPRADE (1875-1931), Saint-Trojan, terrasse, huile sur toile, 60 x 73 cm. © MuMa Le Havre / Florian Kleinefenn
Paul SÉRUSIER (1864-1927), La Colline aux peupliers, 1907, huile sur toile, 73,3 x 54,4 cm. © MuMa Le Havre / David Fogel
Paul SÉRUSIER (1864-1927), Nature morte aux roseaux ou Primevères et maïs, 1904, huile sur toile, 60,5 x 73,5 cm. © MuMa Le Havre / Florian Kleinefenn
Félix VALLOTTON (1865-1925), Nature morte aux pommes, 1910, huile sur toile, 38 x 46 cm. © MuMa Le Havre / David Fogel