CHINTREUIL, Campagne au printemps ou Verger à Carlepont

Antoine CHINTREUIL (1814-1873), Campagne au printemps ou Verger à Carlepont, 1865, huile sur bois, 25,7 x 40 cm. © MuMa Le Havre / Florian Kleinefenn
Antoine CHINTREUIL (1814-1873)
Campagne au printemps ou Verger à Carlepont
1865
huile sur bois
25,7 x 40 cm
© MuMa Le Havre / Florian Kleinefenn
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En 1865, Antoine Chintreuil est installé au hameau de La Tournelle, à Septeuil, non loin de Mantes. Attaché à cette campagne, il voyage relativement peu. Carlepont, situé à quelques kilomètres de Noyon, près des bords de l’Oise, représente une excursion déjà relativement lointaine. Chintreuil s’est installé à la sortie de ce petit bourg, à l’intersection de plusieurs chemins et a peint la campagne au printemps, dans toute sa vigueur et verdeur végétale. Il reprend ici un type de composition qu’il affectionne particulièrement en se plaçant au milieu d’un chemin qui s’enfonce profondément dans la campagne. Cette ligne structure harmonieusement le paysage de part et d’autre, la prairie et les pommiers en fleurs à gauche répondant au large bas côté et frondaisons à droite, et donne l’illusion d’un espace presque dilaté. Cette impression est renforcée par l’ouverture « en grand-angle » sur le paysage, le chemin occupant pratiquement tout le premier plan.
 
On retrouve ce thème de la campagne au printemps et de la route dans plusieurs de ses œuvres, notamment Pommiers et genêts en fleurs aujourd’hui conservée au musée d’Orsay. La comparaison avec cette œuvre tardive vient confirmer, si cela était encore nécessaire, le statut d’étude de l’œuvre de la collection Senn : sa taille beaucoup plus modeste, l’absence de personnages, le caractère « peint sur le motif » du paysage et son traitement sous forme d’esquisse rapidement enlevée. On retrouve par contre bien les différentes caractéristiques de la manière de peindre de Chintreuil : aplats de couleurs fraîches, voire assez stridentes, associées à des petites touches de couleurs pure et vive, surtout pour la végétation, traitement léger, subtil et vaporeux des feuillages hérités de son maître Camille Corot…
 
Cela n’enlève bien entendu rien à la qualité de cette œuvre, pleine de vivacité et de fraîcheur. Chamfleury écrivait : « On ne décrit pas un paysage de Chintreuil : c’est une émotion » et d’ajouter : « il faut des natures délicates pour les comprendre ».

Œuvres commentées : XIXe siècle (avant l’impressionnisme) (8)

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