Dufy, Le Déluge Universel

À la suite de l’exposition Dufy au Havre, présentée au MuMa Le Havre (Musée d'art moderne André Malraux) en 2019, Madame Fanny Guillon-Laffaille donnait au musée une rare œuvre de jeunesse de Raoul Dufy. Ainsi enrichi, le fonds Dufy du MuMa compte désormais 129 numéros.

Il s’agit du projet soumis par Dufy dans le cadre du concours d’illustration, ouvert aux « jeunes garçons et jeunes filles », lancé par Le Journal, quotidien républicain dont le siège se trouvait au 100, rue de Richelieu à Paris. Sur les 12.000 propositions qui parviennent au journal, Dufy obtient le 8e prix et se voit récompensé d’un phonographe Lioret.
Raoul DUFY (1877-1953), Le Déluge Universel, 1898, aquarelle sur papier journal, 64.3 x 44.5 cm. Le Havre, Musée d’art moderne André Malraux, don Galerie Guillon-Laffaille. © 2020 MuMa Le Havre / Charles Maslard © ADAGP, Paris 2020
Raoul DUFY (1877-1953), Le Déluge Universel, 1898, aquarelle sur papier journal, 64.3 x 44.5 cm. Le Havre, Musée d’art moderne André Malraux, don Galerie Guillon-Laffaille. © 2020 MuMa Le Havre / Charles Maslard © ADAGP, Paris 2020
Le règlement du concours, paru dans l’édition du 2 janvier 1898, imposait que les candidats interprètent l’épisode biblique du déluge « comme s’il se passait de nos jours ». Le document se compose de 7 vignettes destinées à illustrer un petit texte. Observateur attentif de son époque, Dufy est sensible à l’actualité. Dans la première vignette, la scène de manifestation se rapporte ainsi vraisemblablement à la déchirure provoquée dans l’opinion publique par l’affaire Dreyfus. La bulle « À bas Zola » serait alors à mettre en lien avec l’engagement de l’écrivain pour la figure du capitaine à compter de 1897. Dans la troisième vignette, Dufy s’intéresse à l’étrange silhouette du bateau rouleur inventé par Ernest Bazin, dont les essais ont lieu en Basse-Seine puis dans la rade du Havre cette même année.

Dufy est indiqué sur le document comme étant âgé de 17 ans. Il en a en réalité presque quatre de plus quand il répond à ce concours. Il suit, depuis octobre 1892, les cours de l’école municipale des beaux-arts du Havre, dirigée par Charles Lhullier, et intégrera en 1899 l’atelier de Bonnat à l’Ecole nationale des beaux-arts. Les liens de Dufy avec le monde de la presse ne se limitent pas à ce projet. On sait en effet que Dufy collabore le 19 septembre 1904 au Havre-Eclair par la réalisation d’un grand dessin illustrant une cavalcade organisée par le commerce havrais au profit des familles victimes du chômage.
EN SAVOIR +

Œuvres acquises en 2020 (6)

Albert MARQUET (1875-1947), Herblay. Automne. Le Remorqueur, 1919, huile sur carton entoilé, 33 x 41 cm. Le Havre, musée d’art moderne André Malraux, donation famille Siegfried, 2020. © MuMa Le Havre / Charles Maslard
Raoul DUFY (1877-1953), Le Déluge Universel, 1898, aquarelle sur papier journal, 64.3 x 44.5 cm. Le Havre, Musée d’art moderne André Malraux, don Galerie Guillon-Laffaille. © 2020 MuMa Le Havre / Charles Maslard © ADAGP, Paris 2020
Charles LHULLIER dit aussi LHUILLIER (1824-1898), Album de dessins, vers 1859-1867, Crayon, lavis d'encre et d'aquarelle sur papier, 16 x 24 cm. Le Havre, musée d’art moderne André Malraux, achat de la ville, 2020. © MuMa Le Havre / Charles Maslard
Pierre-Auguste RENOIR (1841-1919), Tête d’enfant et pomme – fragment, huile sur toile, 8 x 8 cm. Le Havre, musée d’art moderne André Malraux, don de Madame Veuve Robert Boyez née Masana-Mas, 2020. © MuMa Le Havre / Charles Maslard
Charles GUILLOUX (1866-1946), Lever de lune, vieille route de Treduder, 1898, huile sur papier marouflé sur panneau, 32,5 x 43 cm. Le Havre, musée d’art moderne André Malraux, don de Vincent Foucart en 2020. © MuMa Le Havre / Charles Maslard
Raoul DUFY (1877-1953),  Le Clocher de l’église d’Harfleur, vers 1901-1903, huile sur toile, 80 x 68 cm, signé et dédicacé en bas à droite : Raoul Dufy / à Léon Lesieutre. Le Havre, musée d’art moderne André Malraux, don d’Emmanuel, Antoine et Jean-Marie Guian en hommage à leurs parents Dominique et Marie-José, 2020. © MuMa Le Havre / Charles Maslard / ADAGP, Paris 2021