Lhullier, Album de dessins

Le MuMa-Musée d’art moderne André Malraux conservait déjà une vingtaine d’œuvres de Charles Lhullier (1824-1898), dont Le Café des Turcos, acheté par la Ville du Havre à l’issue de l’exposition maritime internationale de 1868, et considéré comme son morceau de bravoure. Cet album, acquis en vente publique en 2020, complète utilement ce fonds en permettant une meilleure connaissance de l'œuvre de cet artiste havrais.
Charles Lhullier prend les rênes de l’école municipale des beaux-arts du Havre en 1871 puis ceux du musée municipal en 1884 jusqu’à son décès. C’est pourtant comme peintre en bâtiment qu’il commence sa carrière professionnelle. Il reçoit, comme Claude Monet, ses premières leçons de Jacques François Ochard, lui-même ancien élève de David. Puis, à Paris, ceux du peintre néo-classique François Edouard Picot, suite à son échec, face à Eugène Boudin, dans l’obtention d’une bourse municipale d’étude pour poursuivre sa formation à l’École nationale supérieure des Beaux-arts en 1851. Il devient durant plusieurs années le collaborateur zélé d’Isidore Pils, spécialiste de scènes militaires. Mais c’est surtout pour son enseignement aux jeunes Raoul Dufy, Othon Friesz, Georges Binet ou aux frères Saint-Delis que Lhullier est aujourd’hui connu.

Cet album de dessins a vraisemblablement appartenu à Edouard Courché, ancien élève de Lhullier, dont le nom à la plume apparaît sur la couverture intérieure. Courché, qui secondait son vieux maître à la fin de sa vie, fut nommé professeur à l’école d’art du Havre en 1899. Une note manuscrite, peut-être de la main de Courché, en marge d’un petit portrait, indique « doit être Pils ». La centaine de dessins qui composent l’album sont, pour certains, datés entre 1859 et 1867. Certaines figures, des croquis de drapeaux sur une hampe surmontée d’un croissant, ou des intérieurs orientalistes sont à mettre en rapport avec Le Café des Turcos. Datés de 1863 et 1866, ces croquis pourraient être préparatoires à cette œuvre et nous donnent matière à réflexion sur sa genèse et sa lente maturation.
Charles LHULLIER dit aussi LHUILLIER (1824-1898), Le Café des Turcos, vers 1867-1868, huile sur toile, 100,5 x 140 cm. Le Havre, musée d’art moderne André Malraux, achat de la ville, 1868. © MuMa Le Havre / Charles Maslard
Charles LHULLIER dit aussi LHUILLIER (1824-1898), Le Café des Turcos, vers 1867-1868, huile sur toile, 100,5 x 140 cm. Le Havre, musée d’art moderne André Malraux, achat de la ville, 1868. © MuMa Le Havre / Charles Maslard
EN SAVOIR +

Œuvres acquises en 2020 (6)

Albert MARQUET (1875-1947), Herblay. Automne. Le Remorqueur, 1919, huile sur carton entoilé, 33 x 41 cm. Le Havre, musée d’art moderne André Malraux, donation famille Siegfried, 2020. © MuMa Le Havre / Charles Maslard
Raoul DUFY (1877-1953), Le Déluge Universel, 1898, aquarelle sur papier journal, 64.3 x 44.5 cm. Le Havre, Musée d’art moderne André Malraux, don Galerie Guillon-Laffaille. © 2020 MuMa Le Havre / Charles Maslard © ADAGP, Paris 2020
Charles LHULLIER dit aussi LHUILLIER (1824-1898), Album de dessins, vers 1859-1867, Crayon, lavis d'encre et d'aquarelle sur papier, 16 x 24 cm. Le Havre, musée d’art moderne André Malraux, achat de la ville, 2020. © MuMa Le Havre / Charles Maslard
Pierre-Auguste RENOIR (1841-1919), Tête d’enfant et pomme – fragment, huile sur toile, 8 x 8 cm. Le Havre, musée d’art moderne André Malraux, don de Madame Veuve Robert Boyez née Masana-Mas, 2020. © MuMa Le Havre / Charles Maslard
Charles GUILLOUX (1866-1946), Lever de lune, vieille route de Treduder, 1898, huile sur papier marouflé sur panneau, 32,5 x 43 cm. Le Havre, musée d’art moderne André Malraux, don de Vincent Foucart en 2020. © MuMa Le Havre / Charles Maslard
Raoul DUFY (1877-1953),  Le Clocher de l’église d’Harfleur, vers 1901-1903, huile sur toile, 80 x 68 cm, signé et dédicacé en bas à droite : Raoul Dufy / à Léon Lesieutre. Le Havre, musée d’art moderne André Malraux, don d’Emmanuel, Antoine et Jean-Marie Guian en hommage à leurs parents Dominique et Marie-José, 2020. © MuMa Le Havre / Charles Maslard / ADAGP, Paris 2021