Silhouettes

Retour sur deux ateliers menés au MuMa par l’artiste Delphine Thibon, en relation avec des œuvres présentées dans l’exposition Nuits électriques.

Une mystérieuse femme en noir

En février 2020, un atelier pour les enfants mené par l’artiste Delphine Thibon, assistée par Pablo Moreno, était organisé au MuMa. Les participants ont pu, grâce à elle, réaliser un film en s’inspirant d’une œuvre issue de nos collections et exposée à l’occasion de Nuits électriques.
 
« Un tableau de la collection du MuMa a servi de base à cet atelier : Femme en Noir au Manchon, peint par Jules Chéret en 1885. Dans cette œuvre mystérieuse, Jules Chéret représente une femme qui marche dans la rue, mais elle est en grande partie cachée par la nuit et les quelques lumières de la lune et des réverbères qui pourraient l'éclairer sont placées derrière elle, si bien qu'elle est en contre-jour. Ce contre-jour nous empêche également de voir distinctement les autres personnages présents dans le tableau. Ces silhouettes, qu'il nous est impossible d'identifier, ont inspiré une série de photographies prises dans le musée. Lucie, Anatole, Léopoldine et Maxime se sont par ailleurs amusés à imaginer qui pourrait être la femme représentée par Jules Chéret. Enfin, chacun a enregistré des sons et bruitages destinés à la bande sonore du film. » Delphine Thibon

Silhouettes (2)

La nuit tombée, passantes et passants se transforment en silhouettes, en ombres. En compagnie de Delphine Thibon, nous proposions aux enfants, pendant les vacances de la Toussaint 2020, d’expérimenter les différentes étapes qui composent la fabrication d'un film. Figurer, enregistrer, monter… autant d'étapes nécessaires avant que le film ne puisse être montré !
 
« Les images réalisées par Capucine, Gaspard, Jules, Baptiste et Jean interrogent la notion de silhouette, en ce qu’elle permet de percevoir ou non. Cette perception partielle, propice à l’imagination, a été la base de prises de vue photographiques, lesquelles composent plusieurs séquences vidéo. Ces séquences ont constitué, avec une série d'enregistrements sonores réalisés par les enfants, des banques d'images et de sons que chaque enfant a combinés différemment dans un montage personnel.
Les notions de silhouette, de techniques photographiques et cinématographiques nous intéressaient particulièrement dans le cadre de l’exposition Nuits Électriques. Outre les nombreuses œuvres picturales et graphiques représentant la nuit (par exemple chez Jules Chéret, Théophile Alexandre Steinlen), cette exposition a permis d'évoquer l'histoire de la photographie (avec notamment Charles Marville, Gabriel Loppé, Pierre Dubreuil) et la technique cinématographique (avec les trucages de Georges Méliès). » Delphine Thibon

Billet de blog du mardi 24 novembre 2020

Commentaires

Par Suzanne le 20 déc 2020 - 12:17

Le tableau choisi est non seulement très beau (le charme discret des chef d'œuvres sans doute), mais en raison de ce contre-jour, de cette pénombre qui dissimule les traits de la passante, il est propice à faire travailler l'imagination. J'imagine que ça pourrait être là une définition de l'art : ce qui me fait vibrer dans un tableau, surface plane sur laquelle quelqu'un a déposé de la couleur, c'est la capacité du tableau a faire surgir de façon fugace la vie, un battement de coeur, une émotion, une interrogation. Or pour apprécier l'art, il faut sans doute apprendre à se déprendre d'une résistance à l'imagination. Apprendre à "se connecter" par le biais de la pensée, de l'esprit, des connaissances, à l'oeuvre ; c'est un peu comme le jeu des définitions : on prend un dictionnaire, on ouvre les pages au hasard, on trouve un mot étonnant ou rare, et on demande aux enfants de définir ce mot (ou de le redéfinir s'ils connaissent déjà ce mot). Très bel atelier !

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