SKY/Entre Le Havre et Newcastle

En avril 2017, le MuMa invitait Sébastien Jolivet à partager son expérience de résidence en Australie avec les participants d’un atelier pour les adultes. En amont de cet atelier et en vue de sa préparation, l’artiste découvrait le travail alors exposé au musée, celui de Jacqueline Salmon, et décidait de proposer un travail en écho à celui-ci, un travail qui permettrait de dresser comme un pont entre l’œuvre de la photographe et son propre champ d’intervention.
Retour sur ce moment privilégié à travers un texte écrit par l’artiste et quelques images du travail réalisé le temps d’un week-end au MuMa.
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet
Atelier-Rencontre avec Sébastien Jolivet

SKY Résonance climatique

Proposition d'atelier en écho aux explorations de Jacqueline Salmon
 
 Au travers des installations : GENERATION, VAISSEAU, TRACTION et WAVE, le projet SPRING met en exergue énergies et forces naturellement ou artificiellement produites ou exercées sur le territoire industrialo-portuaire de la cité Océane. En ce sens, l'appréhension et la matérialisation de nuages par leur élaboration empirique, en résonance aux explorations météorologiques de Jacqueline Salmon pourraient ouvrir un dialogue entre les deux univers. La matérialité mate du charbon alimentant la centrale thermique, matériau qui avait motivé mon travail d'investigation en Nouvelle Galles du Sud, dans le Sud Ouest de l'Australie trouvera son paradoxal écho dans la blancheur vaporeuse des nuages.
 
Reprenant ces paroles de l'artiste prononcés lors d’une conférence donnée au MuMa le 8 septembre 2016 « avec le musée on est dans le ciel, on est dans la mer, on est dans l’air, c’est assez magique. », « on a envie de voir les ciels de la collection et de photographier le ciel à l’extérieur. » et sa perception ainsi donnée du musée : « une architecture de lumière pour des tableaux qui ont la lumière comme sujet »*.  J'imagine le musée comme le poste d'observation des formations nuageuses au dessus du port et ses installations. Ces formations pourraient être dessinées, photographiées, peintes, puis interprétées en volume pour constituer un ensemble de formes hétérogènes éventuellement installées dans l'espace. Dans une autre voie, elles pourraient faire l'objet d'une installation imitant la muséographie, chaque formation dotée d'un étiquetage nommant dans une approche pseudo-scientifique chacune d'entre elles.
 
La matérialisation du nuage répondrait d'une part, mais en l'amplifiant aux expérimentations de Jacqueline Salmon, dans la proximité décrites par Hubert Damisch (Théorie du nuage, 1972) la peinture est irréductible à sa reproduction : « L’image picturale ne se réduit pas à une icône dont la texture serait indifférente : elle a son poids de peinture, un pouvoir permanent de sollicitation sensorielle sans commune mesure avec la minceur de la pellicule colorée déposée sur un support en lui-même neutre ». D'autre part, dans la mesure d'un étiquetage savant, elle commémorerait les convergences des travaux semblables à ceux de Jean-Baptiste de Lamarck et Luke Howard, pour générer une nouvelle poétique de classification.
 
Ces lignes de Claude Lévi-Strauss dans La pensée sauvage (Pocket, 1990), pourraient à elles seules résumer une partie de ma motivation et du processus de mise en œuvre du projet SPRING. « Plus petite, la réalité de l’objet apparaît moins redoutable. (…) Grâce à la réduction d’échelle, la chose peut être saisie, soupesée dans la main, appréhendée d’un seul coup d’œil. La poupée de l’enfant n’est plus un adversaire, un rival ou même un interlocuteur; en elle et par elle, la personne se change en sujet. » Après avoir tenté d'interpréter par la maquette; structures et éléments portuaires, force et énergie qui se manifestent à travers eux, parfois contre eux, cette capture du nuage relèverait du même principe d'appropriation, de domestication des éléments par le jeu des échelles.
Paradoxe à l'informe et à l'insaisissabilité du ciel et des nuages, puisqu'il faudra expérimenter jusqu'au stade du travail en volume, ce « rien qui permette de les remplacer par un acte de tracement ou de reconnaissance net » décrit par Degas (danse, dessin, 1936). Accident, hasard du geste et autonomie du matériau guidant la forme ultime.
 
Sébastien Jolivet
 
* Note de réflexion rédigée en écho à la fiche pédagogique du MuMa et diffusée sur son site : Fiche pédagogique « Jacqueline Salmon. Du vent, du ciel et de la mer », MuMa, 2016.
EN SAVOIR +
Billet de blog du samedi 08 avril 2017

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